… et qui redessine les équilibres
Derrière la dynamique globale, la reprise apparaît très sélective. Les flux se dirigent majoritairement vers les SCPI diversifiées, qui captent plus de 80 % de la collecte, tandis que les SCPI de bureaux, bien qu’encore dominantes en capitalisation avec plus de la moitié du marché, peinent à retrouver leur attractivité. Ce décalage entre flux et encours illustre une recomposition en profondeur du marché. Dans ce contexte, un niveau de collecte inférieur à celui des années de taux bas traduit moins un affaiblissement qu’un retour à davantage de discipline.
« Le marché ne redémarre pas de manière homogène, explique Frédéric Augusto. La collecte se concentre sur les stratégies capables d’apporter diversification, lisibilité et exposition à plusieurs cycles économiques. Le marché gagne en qualité ce qu’il perd en volume. »
Sur le marché des SCPI du cycle précédent, le principal point d’attention reste celui de la liquidité. Au premier trimestre 2026, le montant des parts en attente de retrait atteint 2,44 milliards d’euros, soit 2,75 % de la capitalisation du marché. Dans le même temps, la collecte brute atteint 1,39 milliard d’euros sur le trimestre, en progression sur un an, tandis que les parts échangées sur le marché secondaire représentent 237,62 millions d’euros, soit 0,27 % de la capitalisation. Ces données traduisent un marché encore actif, mais dont la liquidité demeure sous tension.
Ces chiffres marquent un changement de perception fondamental. Pendant des années, la liquidité des SCPI a été perçue comme acquise. En réalité, elle n’a jamais été une garantie, mais une conséquence directe des flux entrants, soit un équilibre entre souscriptions et retraits. Or, pour Finzzle groupe, ces tensions doivent être replacées dans une lecture plus structurelle du marché.
« Ce que le marché corrige aujourd’hui, ce n’est pas un dysfonctionnement, mais une illusion. L’immobilier est un actif de temps long : vouloir y projeter une liquidité de court terme crée mécaniquement des points de friction lorsque le cycle se retourne. Ces ajustements marquent un retour à la réalité économique de l’immobilier et obligent à réintégrer pleinement la notion d’horizon d’investissement dans les stratégies patrimoniales », affirme Frédéric Augusto.