Avis d’expert de Philippe Lauzeral, président de Finzzle groupe · Toulouse, le 2 juillet 2026

La grande transmission est engagée : d’ici 2035, près de 500 000 entreprises devraient changer de main avec le départ à la retraite de leurs dirigeants. Pour Philippe Lauzeral, président de Finzzle groupe, l’enjeu dépasse la cession elle-même. Des centaines de milliers d’entrepreneurs vont disposer, en quelques mois, d’un capital important sans avoir été préparés à l’investir.

Grande transmission : les chiffres clés
  • Près de 500 000 entreprises devraient changer de main d’ici 2035.
  • Elles représentent environ 3 millions d’emplois.
  • 25 % des chefs d’entreprise ont aujourd’hui plus de 60 ans (Bpifrance).
  • Un sur dix a plus de 65 ans (Bpifrance).
Après la cession d’entreprise, un patrimoine qui change de nature

Prenons un dirigeant qui cède à 65 ans l’entreprise qu’il a construite. Jusqu’ici, l’essentiel de son patrimoine tenait dans un seul actif, qu’il connaissait parfaitement. Après la vente, il détient un capital financier liquide qu’il doit apprendre à piloter.

Ce passage demande d’autres compétences : diversifier, répartir ses actifs, mesurer le risque, fixer un horizon de placement, préserver sa liquidité. Selon Philippe Lauzeral, beaucoup de cédants l’abordent sans cadre clair. À l’échelle de la grande transmission, cet angle mort ne concerne plus seulement des situations individuelles.

« Le système a organisé la cession des entreprises. Il n’a pas structuré l’après. »

Le premier risque est donc de se précipiter :

« Chez Finzzle groupe, nous considérons que l’absence de stratégie initiale constitue une des premières sources de destruction de valeur post-cession. Il faut accepter de ne pas investir immédiatement. Toute décision prise dans les premiers mois est, par nature, biaisée. »

Le produit de cession, un revenu de retraite à organiser

Céder son entreprise ne suffit pas toujours à sécuriser sa situation financière. Chez les travailleurs non-salariés (TNS), statut dont relèvent de nombreux dirigeants, les pensions sont souvent insuffisantes pour conserver le même niveau de vie. Le produit de cession joue alors le rôle d’un système de retraite, sans en avoir l’organisation.

La question n’est plus seulement de faire fructifier un capital. Il s’agit de lui faire produire des revenus réguliers, avec un risque maîtrisé et sans entamer sa pérennité. Or la réflexion reste le plus souvent centrée sur la performance ou la fiscalité.

« Une stratégie post-cession qui ne traite pas la question du revenu est une stratégie incomplète. Un dirigeant de plus de 65 ans ne devrait jamais investir sans avoir sécurisé au préalable un socle de revenus stable et lisible. »

Stratégie post-cession : trois erreurs liées au biais fiscal

Les placements choisis après une cession prolongent souvent les habitudes de la vie active. Ils sont rarement réexaminés au regard de l’âge, de l’horizon de placement et des besoins réels.

« Investir à 65 ans comme à 45 ans n’est pas seulement une erreur technique, c’est un décalage de stratégie de vie. »

Le biais le plus fréquent, pour Philippe Lauzeral, est fiscal. Le pacte Dutreil (qui allège la fiscalité de la transmission d’une entreprise), le remploi du produit de cession ou les dispositifs de report d’imposition sont des outils utiles. Utilisés isolément, ils peuvent pourtant déséquilibrer une stratégie. Trois erreurs reviennent alors :

  1. investir trop vite, sous la pression fiscale ou commerciale ;
  2. donner trop de poids aux actifs illiquides, au détriment de la flexibilité ;
  3. séparer la stratégie d’investissement de la stratégie de transmission.

Ces déséquilibres ont des effets durables : moins de souplesse pour compléter ses revenus, moins de sécurité financière, une transmission familiale fragilisée.

Investir à 65 ans : la séquence recommandée par Finzzle groupe

Après 60 ans, les priorités changent : protéger le fruit d’une vie professionnelle, garder des liquidités, avoir de la visibilité sur ses revenus, simplifier la gestion et préparer la transmission. L’objectif n’est plus la performance maximale, mais l’équilibre entre revenus, préservation du capital et transmission.

Une partie du produit de cession est souvent destinée à être transmise. Ce choix conduit parfois à des arbitrages déséquilibrés, rarement posés de façon explicite.

Finzzle groupe propose de reconstruire d’abord un cadre de décision, plutôt que de chercher une optimisation fiscale immédiate. L’accompagnement suit une séquence en quatre temps : anticiper, sécuriser, structurer, puis déployer progressivement les investissements. Pour Philippe Lauzeral, ce séquencement évite les décisions précipitées, car « un capital mal structuré ne protège pas, il expose ».

« La cession n’est pas une fin. C’est un point de bascule. Et c’est à cet instant précis que se joue, souvent, la réussite d’une vie entrepreneuriale. »

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la grande transmission ?

C’est le changement de main de près de 500 000 entreprises d’ici 2035, lié au départ à la retraite de leurs dirigeants. Environ 3 millions d’emplois sont concernés.

Faut-il investir dès la cession de son entreprise ?

Pour Finzzle groupe, non : les décisions prises dans les premiers mois sont souvent biaisées. Il vaut mieux construire d’abord une stratégie.

Comment investir à 65 ans après une cession ?

En sécurisant d’abord un socle de revenus stable, puis en cherchant l’équilibre entre revenus, préservation du capital et transmission.

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